Comment j’ai réussi à jeter les derniers comprimés de la maison

Lundi en passant à la salle de bains, j’ai vu notre “armoire à pharmacie”. Voilà ce qu’il restait dedans.

A peine 6 boîtes. Lundi donc, j’ai sorti ces dernières boîtes. Tout était périmé. Je les ai donc portées à la pharmacie, sans scrupule. Et voilà comment j’ai jeté les dernières boîtes.

😲 Oh attendez! Mais comment on en arrive là, à ce jour où il ne reste que 5 vieilles boîtes périmées?

J’ai été comme tout le monde. Avec des bobos de temps en temps, une entorse par ci, une gastro par là, quelques opérations chez SOS mains, et même une inflitration de cortisone. J’ai connu l’époque où les antibiotiques c’était automatique. Donc oui, par le passé, l’armoire à pharmacie a été plus conséquente. Mais ça fait un bout de temps que je n’ai pas reçu d’ordonnance, en semestres ça dépasse les doigts d’une main. Comment on en arrive là?

Un soupçon d’Ayurvéda

Pour commencer, j’ai certainement eu de la chance, de la grâce, ou un bon karma, appelez ça comme vous voulez.

Et aussi, la pratique régulière du Yoga est en soi déjà une thérapie qui à la fois nous répare et renforce nos défenses. C’est obligé, tout ce temps que je passe dans le Restorative Yoga a un impact sur la regénération de mon organisme.

Je crois aussi que les rudiments d’Ayurvéda que j’ai intégré dans mon quotidien font que la maladie n’a plus besoin d’être, du moins plus autant qu’avant. J’ai rencontré l’Ayurvéda il y a 5 ans et j’ai tout de suite été imprégné par le modèle prakritique des 3 doshas. Vous avez certainement entendu parler de Vata, Pita, Kapha. De nos jours on comprend dosha comme une typologie de constitution, qui s’exprime dans la morphologie, le métabolisme, et le psychisme. Mais littéralement, dosha signifie “ce qui peut se détraquer”. Et la mission de l’ayurvéda est de prévenir le détraquement en ajustant alimentation, exercice, activités…. Et du coup, c’est beaucoup plus facile de se gérer. Je peux adapter mon alimentation en fonction de ma constitution et ce tout au long de l’année. C’est comme si au uno, tu prends le temps de regarder les cartes que tu as reçues; après c’est beaucoup plus facile de jouer. Non?

Revenons à l’ayurvéda. Je n’ai pas pris tout ce qu’ils donnent. Par exemple bannir le plateau télé c’est un peu cruel pour l’instant. 😁. Et jeûner une fois par semaine 😁 ok bientôt peut-être. Mais le peu que j’ai pris m’a changé la vie. J’ai une collection d’épices qui tournent régulièrement dans mes repas et dans mes infusions. En fait j’ai appris que les épices ça donne du goût certes, mais surtout ça peut radicalement accélérer la digestion de l’aliment.

A l’image: Cumin, Coriandre, Fenouil, Curcuma, Cardamome, Clou de girofle, Moutarde, Paprika…

Lubrifier

J’ai pris donc les épices, mais aussi la lubrification. Sonam nous a dit une fois, en voyant les gens se promener avec des gourdes d’eau:

Notre civilisation ne souffre pas de déshydratation, nous souffrons de dé-lubrification

Sonam Targee, Praticien d’Ayurvéda

Bref, je prends de l’huile. Pour mon tube digestif, pour ma peau, pour mes cheveux, pour mes narines. J’ai une belle collection d’huiles à la maison: coco, neem, ricin, moutarde et bien sûr l’incontournable sésame. Ca c’est pour le soin du corps. J’ai parlé des huiles essentielles que j’utilise pour ma crème de corps? Trop long. Mentionnons juste les HE d’Eucalyptus et de Lavande. … Et il y aussi l’incontournable huile d’olive, et quelques autres huiles de cuisine. Plus le beurre, et le vénéré ghee. Dans mon assiette, j’enrobe systématiquement les féculents d’huile d’olive ou de ghee. En passant, le régime méditerranéen acclamé par l’OMS est basé sur l’huile d’olive. Vata est sec, et a besoin d’être lubrifié.

J’ai pris aussi l’idée de la purge, que je fait de temps en temps, sans trop d’assiduité. D’ailleurs la dernière à l’huile de ricin a été fort … efficace. L’ayurvéda recommande de réinitialiser le système digestif régulièrement, à minima un lavement à l’huile régulièrement. Et bien sûr, la préservation de la chaleur interne: limiter les glaces et les crudités à ” l’été “.

Je lisais un article du docteur Lad (un grand maître de la médecine Ayurvédique) l’autre jour. Il y avait cette phrase:

Vata is a very active principle in pathogenesis (disease). If we can control vata through the use of basti, we have gone a long way in going to the root cause of the vast majority of diseases.

Dr Vasant Lad

En fait, ce qui est passionnant, c’est que l’Ayurvéda nous parle de bon sens; et en plus, c’est des choses qui étaient déjà présentes dans le quotidien de nos arrières grands parents, comme le beurre clarifié ou la douche nasale. C’est quand même pas anormal d’arrêter les glaces en hiver non? Tous les conseils d’hygiène des anciens, avec des siècles d’analyse scientifique par dessus.

Une anecdocte: je me souviens que enfant, ma mère me bassinait tous les jours avec “il faut te oindre la peau” et moi j’étais essentiellement en train de rechigner. En ce temps là on utilisait le manyanga, l’huile de palmiste. Aujourd’hui je suis huilophile. Qui l’eut crût?

Et bien sûr, sur les 10 dernières années, j’ai appris à vénérer les légumes que Lucie nous cultive à l’AMAP, à aimer les infusions (de mes épices), et à passer moins de temps au supermarché.

Et je fais quoi quand je suis malade?

Je suis comme tout le monde. Tout ce beau mode de vie n’empêche pas d’attraper une rhinopharyngite de temps en temps, ne serait-ce qu’à cause du karma. J’ai été touché il y a 15 jours. Bah, j’ai “attendu” une semaine que ça passe, avec des infusions et des postures adaptées, un soupçon de pranayama. Et soit dit en passant, j’ai pu assumer toutes mes engagements, chose inimaginable il y a 10 ans.

Et ça profite aux autres

Bref, ça a été mon cheminement. N’empêche que j’ai vidé l’armoire à pharmacie de tout un foyer de 4 personnes. Les autres habitants de la maison, 2 ados et une adulte, sont pourtant pas “branchés” yoga. Et pourtant eux non plus n’utilisent plus de comprimés depuis un bout de temps. C’est quoi le deal?

Et bien ma théorie. Ils ont aussi beaucoup de grâce eux, et une constitution robuste. Certes. Je crois aussi, la pratique que je peux avoir rejaillit sur eux, dans leurs assiettes, dans le mobilier, dans les loisirs, et dans leur lubrification.

Je ne sais de quoi demain sera fait ni ce que la vie réserve comme challenges à ma santé. Et si j’ai à prendre des médicaments pharmaceutiques, je n’hésiterais pas. Et aussi, je sais que le comprimé pharmaceutique, invention du 20e siècle émanation de la pétrochimie, n’est pas la seule option pour la guérison. Avant ce temps là, avant le 20e siècle, il y avait des apothicaires et des médicaments “naturels” si vous me passez l’expression. Ce temps là où lavande et sauge étaient vénérées.

Bref. J’ai constaté que les médicaments étaient périmés chez moi. J’ai constaté que je ne les ai pas utilisé depuis un bout de temps. Alors je les ai jetés. Voilà mon aventure.

Vivez la vôtre!

L’abondance, qu’est-ce?

cerises brillantes background queues et confiture

La magnanimité d’un généreux bienfaiteur qui rencontre un bénéficiaire prêt à recevoir. La rencontre de 2 cœurs. C’est cela peut-être, l’abondance.

Les faits:

Des cerises noires, juteuses, sucrées. Tous les habitants de la maison ont croqué des cerises. Jusqu’à plus soif. Dans la cuisine, dans le living, dans le jardin, et même dans l’arbre. Tous nos visiteurs ont réveillé leurs papilles. Mon ambassadrice a fait du porte à porte sur 2 pâtés de maison pour en distribuer à nos chers voisins (et elle a la main lourde). Nos voisins de gauche et de droite ont en plus pioché directement sur les branches qui dépassent. Le congélo est staffé de quelques sacs pour les prochains clafoutis. Et la cuisine a vu passer plus de 30 pots de confiture! C’est pas démentiel ça?

Et pourtant c’était mal engagé!

Vous vous en souvenez fin Mai, les cerises étaient à peine jaunies. Et en plus le cerisier avait déjà fort donné en 2020. Début juin trois jours de soleil. A peine les cerises rougies, les oiseaux ont commencé à sévir et forcément, à jeter plein de cerises non mûres au sol. Et pourtant au final… Les cerises étaient massées, on aurait dit des grappes de raisin. Tout le monde en a eu plus qu’à satiété. C’est même arrivé dans les collèges des enfants et dans les familles de leurs professeurs. Vous croyez que ça aurait été aussi magistral avec engrais et filet anti-oiseaux?

Recevoir est un travail

Je me suis équipé d’une perche cueille-fruits de chez Wolf (il y en a sur le bon coin) qui me permet d’aller beaucoup plus haut et de ramasser plus efficacement. Et les asanas ça aide pour les épaules, les bras, le cou et les yeux. Et avec tout ça, ça nous a quand même occupé minimum 5h par jour, 3 personnes, pendant les 10 jours de folie.

Il paraît que certains ont été nourris généreusement à la manne dans un désert. Il fallait quand même aller la ramasser chaque matin. Oui, recevoir c’est aussi du boulot.

Et il en est resté!

Merles, pigeons, pies et autres espèces d’oiseaux que j’ignore.
Femmes, enfants, hommes.
Fourmies, guêpes, mouches, abeilles, frelons.
Même les poissons dans le bassin

ont mangé de ton fruit.
Et il en resté sur tes branches.

Quand le souvenir de ton abondante floraison sera passé,
Quand nos papilles seront seront sevrées de tes sucs,
Tes queues seront encore là pour purifier nos entrailles.

Big up à mes amis qui embrassent les arbres.
Big up à toi qui donne au delà de ce que nous pouvons imaginer.
Big up à toi qui collabore avec la terre mère et l’astre du jour.

Ave!

Random May Days – Au hasard, quelques jours de Mai

siège conducteur réhaussé

Jeudi 13 mai: la route

On profite du viaduc pour aller passer quelques jours chez Nicole. Je décide de mettre tester la recommandation de Carla: rembourer le siège jusqu’à retrouver une assise apaisée. Les couvertures de yoga marchent très bien pour ça. Une en dessous, deux dans les lombaires, et voilà. Euh!!! Je touche le plafond. Je n’ai pas l’habitude d’être aussi spacieux, en tout cas pas au volant. C’est franchement agréable et reposant. Et devinez quoi? Les 200kms de ralentissement en région parisienne (2h de bouchons), je ne les ai pas vu passer, assis comme un prince sur mon réhausseur-adaptateur. Give it a try!

Samedi 22 Mai: qui rêve?

Je me souviens que j’ai fait des rêves aujourd’hui. Je ne sais plus de quoi ça parlait. Et aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma fille. Du coup! Je me pose la question. Mon moi (ou mon soi si vous préferez) qui rêve, l’entité que j’incarne pour rêver, comment fête-t-il son anniversaire? Et à quelle date? Est-ce qu’il est né en même temps que mon moi du quotidien? Ou bien il était là d’avant, genre dans le foetus? Ou même encore d’avant avant? Et quelle est pour lui la signification de son anniversaire? Bien sûr je n’ai la réponse à aucune de ces questions.

Dimanche 23 Mai: cerises…vertes

Hmmm. Les cerises sont essentiellement vertes. Elles sont très nombreuses, et vertes. Les années d’avant tout était déjà rouge à cette époque. L’année dernière on en mangeait déjà début juin. Bah c’est Mai; il fait comme ça lui le plaît Monsieur le cerisier.

Lundi 24 mai: articulation

En mode relax, la diction de ma fille se dégrade. J’essaie de lui faire dire des phrases de livres. On est tombé sur un truc, sublime à dire. Essayez de lire à voix haute: “… et il se réjouissait avec nous de ce que l’enseignement puisse continuer ainsi sans difficultés.” Encore trois fois. Et maintenant plus vite. On se marre. Au fait, ça vient de Stéphanie La vie retrouvée de Christiane Volke.

Mardi 25 mai: de l’eau… ou de l’air

La facture d’eau est arrivée, avec une régul des 2 dernières années: 104 mètres-cubes, soit seulement 104 000 litres d’eau. Il semblerait que ce ne soit pas une blague selon Ileo. Heureusement que je fais attention à ma consommation d’eau. Sinon j’aurais frisé les 105 000 litres d’eau! La loose!

Mercredi 26 mai: du rouge!

Ce matin, la pluie a fait tomber quelques cerises… “rougies”. Et je lève les yeux vers les branches de l’arbre. Je ne vois que des cerises … vertes. Soit.

Pourquoi pratiquons nous? Pourquoi les Asanas?

Lundi dernier, j’ai reçu un message de Suzie (prénom modifié) qui venait de pratiquer assidûment pendant 3 mois. Ca se terminait lyriquement: “Je reste perplexe sur la possibilité d’un jour débloquer mes hanches, mon bassin; d’étendre mes ischios courts et de ne plus entendre craquer mes genoux vieillissants.”

Alors je me suis interrogé: pourquoi? Pourquoi on se lève plus tôt le matin? Pourquoi on écourte les apéros? Pourquoi on tire et étire? Pourquoi on s’inflige cette discipline?

Plusieurs réponses me viennent. D’abord, je doute que rien ne change. C’est comme ça. L’expérience à montré ça. Tout ne change pas, mais toujours quelque chose change, y compris au niveau physique. Certes, entre hier et aujourd’hui, les changements sont invisibles, mais entre hier et le mois dernier, il y a au moins une mini évolution. C’est observé encore et encore.

Ensuite, il y a une réalité. Notre corps est manifestement destiné à la décrépitude. Donc les fonctions finiront par décliner, pour la vaste majorité des mortels. Certes. Alors autant entretenir le corps pour qu’il fonctionne le mieux possible le plus longtemps possible. Surtout si la durée de la vie se rallonge, non?

Quand nous pratiquons les asanas, nous sommes invités à explorer le fonctionnement de notre mouvement, la dynamique de l’articulation, l’axe et le sens des spirales. Les raccourcis toxiques que nous prenons parfois – en fait trèèèèèssss souvent, tout le temps – dans nos schémas automatiques, les fameuses compensations, sont alors exposées et explorées. Comme la fameuse rotation externe de l’humérus pour atteindre l’extension complète du bras. Nous pouvons alors arrêter de nous infliger de la destruction, de l’usure superflue. Et ça, c’est énorme.


Nous apprenons des stratégies optimales, en fait du bon sens, pour un mouvement économe en énergie. Comme utiliser le diaphragme pour respirer, ou coordonner le plancher pelvien pour une mobilisation efficace de la sangle abdominale. Vous croyez que la prostate et l’utérus en sont ravis? Bien sûr que oui!

Bon c’est bien beau tout ça mais c’est bénéfices secondaires.

Dans les asanas, nous cultivons un contact intime avec notre corps; nous développons une intimité avec notre perception. C’est là, dans la profondeur de cette perception que nous pouvons trouver la texture de la réalité. Pendant quelques instants, le temps s’arrête et ne reste que la conscience. C’est comme souvent les danseurs et les acrobates que nous regardons. Un instant, ils sont habités par la grâce. Cet instant de grâce, nous pouvons le toucher en nous même.

Nous pouvons rencontrer cette zone où les objectifs deviennent sans importance. Où seule importe la perception. Le contentement et le lâcher-prise nous rendent visite. Les difficultés et les douleurs ne sont plus nos ennemis ou des obstacles. Nous ne interrogeons plus sur l’existence de Dieu ou le sexe des anges. Le prêt bancaire n’a plus de prise sur notre esprit. Seule importe la perception Et nous trouvons un peu de paix, et ça, c’est un gain inestimable.

Avec nos enseignants, dans les cours et les stages, nous en avons un aperçu; avec notre pratique personnelle, nous en cultivons la maîtrise. L’occasionnel devient récurrent, l’exotique devient domestique.

Le Yoga, avec son ensemble de pratiques, est un système cohérent et éprouvé pour atteindre, selon eux, une espèce de béatitude. Peut-être. Mais ils ont compris que pour cela, le corps est, non pas un frein, mais un atout essentiel, et il faut faire la paix avec lui, dans la totalité de ce qu’il peut réaliser et être.

Ainsi la pratique des asanas, les postures, nous invite à la rencontre de ce corps; la pratique nous invite de passer de l’abandon à la découverte; ou de l’abus au respect. La pratique nous invite à la connaissance intime. Tout le monde, tout le monde peut ainsi en dériver des bienfaits. Peu importe qu’on ait des bras ou pas, valide ou handicapé, élastique ou raide, l’intimité avec nous-même est possible.

Alors, c’est légitime d’avoir des doutes sur quand est-ce-que les fruits seront mûrs. Mais n’ayez aucun doute sur le fait que les fruits arrivent. En fait ils sont déjà là. Continuez simplement de pratiquer.

J’ai reçu des cadeaux

Cette année 2020 a été bizarre ce n’est pas un secret. Nous avons souffert. Des pleurs, des larmes, des désillusions. Et au milieu de cette bizarrerie, vous m’avez tant donné chers ami.e.s.

Virginie a inversé la polarité de la gravité dans Sirshasana a.k.a le poirier. Marie-Laurence a construit des bolsters de ses propres mains pour soutenir sa pratique. Florence entame son deuxième mois de Surya Namaskar. Isabelle cultive le pranayama chaque matin, l’art yoguique du souffle. Vous n’avez pas hésité à vous réfugier dans les greniers et dans les salles de bains et dans les chambres d’enfants pour pouvoir pratiquer votre Yoga. Et je pourrais continuer la liste.

Le but du Yoga est la transformation. Transformation de l’apparence à la transcendance, du plaisir en bonheur. Nous entraînons le corps et en réalité, c’est l’esprit qui se discipline. Et alors notre caractère suit. Et de voir ces petites transformations en chacun.e de vous, c’est mon plus grand cadeau.

Alors oui, je n’ai pas d’autre choix que de continuer à vous soutenir dans votre pratique. Par delà les difficultés matérielles, je continuerais à enseigner.

J’aimerais citer avant que de vous laisser, Alain Porte dans sa traduction de la Baghavad Gita:

Dans cette voie, nul commencement n’est vain, nul retour en arrière n’existe, si peu que ce soit de cette vérité nous arrache à la peur. Bhagavad Gita II.40

Et une pensée de Baird Hersey:

It is always possible to come up with a reason not to practice. On the other hand, it is not impossible to come up with a reason to pratice. Th practice of Nada Yoga, Baird Hersey.

Que la Force soir avec vous. Que la Pratique soit avec vous.

Turbulences

humain derivant dans la cascade sur sa bouee

Situation Oblige

Samedi dernier le préfet a décidé des restrictions supplémentaires pour la métropole de Lille actives depuis le 26/09/2020. Il doit avoir de bonnes raison de le faire. C’est vrai que la prévalence sur la métropole atteint un niveau dément et continue de croître comme un bambou. On parle même de sursis avant le passage en état d’alerte maximale. Grrr! Et en ce qui nous concerne, “les activités physiques et sportives sont interdites … dans les établissements recevant du public … qu’ils soient publics ou privés”. Donc!

Les cours en salle sont suspendus jusqu’au 11 octobre minimum.

Programmation. Annulation. Ouverture. Fermeture. Départ. Faux-départ.

Les temps sont perturbés. Ca flotte et tangue dans les embarcations. Parfois on se sent couler.

Dans la bible on raconte 2 histoires sur 2 mecs qui dormaient dans leur bateau en pleine tempête. Jonas et Jesus. Vous irez voir. C’est assez marrant. Ils … dormaient, penards! Truc de fou.

Lâcher-prise

Yes. Plus que jamais, lâcher prise est primordial. Dans les airs ou sur mer ou sur terre. Sangler la ceinture de sécurité. Lâcher la crispation. Et laisser la lucidité apparaître. Comme si, à l’intérieur de la même rivière, au sein de la même cascade, au cœur de la même chute d’eau, comme si les particules agitées co-existaient avec l’équanimité.

Le vénéré François dirait:

The world needs Restorative Yoga.

François

Zoom

Une interaction à distance sera toujours 1000 fois inférieure à interaction en direct. De la même façon que la chanson que vous chantez sous la douche sera toujours 1000 fois supérieure au plus beau CD, pas en “joli-esse”, mais en puissance de vibration si. Certes.

Et aussi! Une interaction inférieure sera toujours 100 000 fois supérieure à pas d’interaction du tout! Alors dans ces temps de turbulences, je vais proposer des ateliers et cours sur via la plateforme Zoom. Elle nous permet de créer un espace, certes virtuel, mais un espace, un cercle où nous pratiquons ensemble, instructeur et élèves, élèves et instructeur. Nous avons la possibilité d’interagir, de réagir, de guider, et corriger.

En Avril je n’étais pas fan de la vidéo pour diffuser la pratique. Mais depuis j’ai pu tester Zoom, et m’équiper d’un laptop adéquat. Donc oui, dans l’inconnu, nous continuerons de pratiquer. Nous continuerons de prendre soin de nous.

Merci pour votre soutien.

A bientôt!

Il est temps de dé-confiner… mon esprit

système nerveux

La semaine dernière pendant l’apéro, j’ai dit à Flo que mon esprit était resté confiné. Qu’est-ce que j’entends par là?

Pendant les 3 mois de confinement, mes activités ont été arrêtées. Ma zone de déplacement limitée. La zone de contacts restreinte. Et dans mon esprit aussi, le monde a rétréci, en tout cas, celui auquel je m’autorise l’accès. Interrompu dans mes routine, et quelque peu terrifié, je me suis replié. S’il y a encore un horizon, il est moins large qu’avant. Comme si mon esprit s’était réfugié dans une cave.

Le dé-confinement a ouvert la porte pour le corps. Et le corps est allé visiter en dehors de la cave. Voyage à plus de 100km pour les vacances: ✔. Mais mon esprit lui est resté dans la cave. Comme le gars de Platon.

D’un certain point de vue, à l’abri dans ma cave, j’attends. J’attends que le monde redevienne comme avant. J’attends que vos jolis visages soient à nouveau visibles. J’attends de pouvoir à nouveau tousser sans effrayer personne. J’espère de pouvoir accompagner ma fille au stade sans inquiétude.

C’est peut-être normal, psychologiquement parlant. Une situation inédite, un adversaire redoutable, aucune parade connue. Se replier est une solution saine et attestée, le temps de voir venir. Probablement.

Et ca fait 6 mois. La moitié d’une année. Peut-être qu’il y aura une seconde vague? Ou un nouveau virus? Ou des canicules à répétition? Ou un vaccin? Peut-être que ça va revenir comme avant? Ou pas. En attendant, il est temps que l’esprit quitte la grotte.

C’est mon esprit qui délimite l’univers des possibilités. D’une certaine façon, je peux interagir avec le monde parce que mon esprit le définit. Mon esprit définit l’univers. De sa largeur dépend directement ma capacité à voir les possibilités, les opportunités et les solutions. Sans être artificiellement optimiste ou exagérément défaitiste, je peux ouvrir un univers, en attendant de m’ouvrir à l’univers, avec lucidité.

Je ne parle de magie. Juste, il vous est déjà arrivé de chercher vos clés pendant 10 minutes, pour vous rendre compte à la fin qu’elles étaient là depuis le début, à l’endroit que vous aviez d’emblée écarté comme impossible. Voilà. Vous aviez confiné l’univers des clés et les clés avaient disparu pendant 10 mins. Vous avez dé-confiné, vous avez ouverts l’univers des possibles, et les clés sont réapparues. En tout cas moi, ça m’arrive tout le temps.

Alors il est temps de quitter la grotte mon ami. Je vais respecter la distanciation physique, mettre des masques homologués, vacciner (faut pas exagérer), me laver régulièrement les mains, et patati et patata. Et tout ça avec l’esprit libre, ouvert, illimité.

Il est temps.

Pourquoi ça s’appelle une Pratique?

dhanurasana in halasana
L’arc dans la charrue. Posture hybride.

Vous le savez certainement, le Yoga peut matérialiser des miracles de transformation, avec la nécessité que nous pratiquions régulièrement. Pour le peu d’années que j’ai pratiqué, cette notion d’assiduité m’a apporté tant de bienfaits. Dans mes cours, mes ateliers, mes articles, de tout mon coeur, mon exhortation est unique: mettez en place une pratique assidue et intelligente. Tout le reste suivra. Et alors, hier…

J’ai commencé le bouquin Nada Yoga de Baird Hersey. Pendant que je parcourais rapidement la préface, d’un certain Krishna Das, j’ai été estomaqué par un ce paragraphe. Je vous le laisse en anglais d’abord:

It is called practice because you’ve got to do it. You’ve got to do it when you feel like doing it. You’ve got to do it when you don’t feel like doing it. Because if we only follow our superficial likes and dislikes, we’ll never get beyond them. Practice is something we have to do regularly over a period in time in order to relax into a deeper shape, a more real space that lives within us. The best practice is the one that you will do and continue to do because you have to do it.

Krisna Das, in Foreword of Nada Yoga, 2014

Et une traduction approximative pour non-anglophiles:

On l’appelle une pratique parce que vous devez le faire. Vous devez le faire quand vous sentez que vous en avez envie. Vous devez le faire quand vous sentez que vous n’en avez pas envie. Parce que si on suit uniquement nos attirances et dégoûts superficiels, nous n’irons jamais au-delà. La Pratique est quelque chose que nous devons faire régulièrement pendant une période de temps afin d’épanouir une forme plus profonde, un espace plus réel qui vit en nous. La meilleure pratique est celle que vous allez faire et continuer à faire parce que vous devez le faire.

Voilà mes amis. Je n’ai rien à rajouter.

Happy pratice!

Promesse de cerise

cerise de mai
Shot by Dave

Qu’est-ce qui la rend si spéciale?

Est-ce l’état de santé du photographe? Peut-être.
Est-ce, à l’ère de l’obsolescence programmée, cet appareil vieux de 5 ans? Peut-être.
Est-ce la vigueur de la promesse de cette cerise d’avant-saison? Peut-être.
Est-ce le fait que cette cerise s’épanouit en dépit de nos virus et nos peurs? Peut-être.
Est-ce la qualité de l’effet vignettage ou la mise en scène avec le cerisier en arrière plan? Peut-être.
Est-ce juste le fait que la prise soit particulièrement réussie? Peut-être.

Est-ce tout ça à la fois? Quoiqu’il en soit, ça promet quelques cerises cette saison.

Bonne dégustation.

Continuité pédagogique: pour aller plus loin

salle de classe vide

Si vous avez une pratique personnelle établie depuis quelques mois, ou même quelques semaines, vous savez alors que nous sommes au-delà d’une gymnastique. Dans notre précédent article article, nous avons étudié comment démarrer une pratique régulière. Voyons ensuite comment vous pouvez aller plus loin.

Persévérez

Tout d’abord, continuez de travailler avec l’audio comme nous l’avons évoqué dans l’article précédent, genre une fois par semaine! Savourez chaque millimètre de progrès. Félicitez-vous!

Avec le temps, votre niveau d’attention augmente. Et plus vous êtes attentif, plus vous êtes à l’écoute des sensations, des messages que le corps vous envoie, et plus l’intelligence peut éclairer votre pratique. Faites vous confiance.

Ce livre m’a beaucoup aidé

Et ensuite, la “bible”. :)) . J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ce livre dans les cours. Il dissèque l’état d’esprit du yoga, les postures fondamentales, et il s’adresse à un esprit occidental, rationnel. Si vous êtes sérieuse / serieux avec votre pratique, vous devez l’étudier. Pas le lire, l’étudier. Il s’agit bien sûr de “J’apprends le yoga” d’André Van Lysebeth.
C’est une excellente initiation. Je compte pas moins de 8 éditions pour ce livre sorti pour la première fois en 1968! Prenez le neuf si vous en trouvez, sinon d’occasion. Et étudiez le. Petit à petit vous allez intégrer la fameuse Série Rishikesh.

Devenir explorateur

Et progressivement, vous identifiez des secteurs de la pratique où vous êtes dirons-nous “en déficit”. Vous pouvez chercher à les approfondir et là, la recherche internet ciblée pourra vous apporter des pistes. Vous essayez, vous explorez. Vous devez des explorateurs. Et bien sûr, vous interrogez votre prof de yoga bien aimé.

Et ne vous vous inquiétez pas pour les cours physiques. Je vous partage ma propre expérience: plus je pratique par moi-même, plus j’apprécie de pratiquer régulièrement avec mes enseignants.

Just practice!