Ce dimanche nous a conduit Ă Amiens, pour assister des amis pendant leur dĂ©mĂ©nagement. Une matinĂ©e lourde, comme ces derniers jours avant le changement d’heure, mi-sommeil, mi-Ă©veil, avec un ciel gris pleuvinant.
Comme pour renforcer cette sensation de pesanteur, Ă 20km d’Amiens, nous avons traversĂ© un champ brumeux, devrais-je dire brouillardeux. VisibilitĂ© 50m, malgrĂ© les feux de brouillard. ObligĂ© de couper la vitesse Ă 60km/h (au lieu des 110 autorisĂ©s). Bref, la journĂ©e de 200 tonnes. Nous arrivons Rue Eloi Morel. Et chargeons le camion. Mes Ă©paules se souviennent encore de la penderie de Lo et du buffet de Pappy.
Sur la route vers la nouvelle maison, nous passons par la rue Baraban. Du cĂŽtĂ© du chemin de halage, ĂŽ merveille! Je vois des pĂȘcheurs installĂ©s. Oui installĂ©s. Genre ils sont lĂ depuis 3h et ils prĂ©vus de passer la journĂ©e lĂ . Ils sont 15? 20? Chacun son spot. Les nasses flottent. Les cannes barbottent. Les bottes sont plantĂ©es et les pĂȘcheurs sont assis. Les visages ne sont marquĂ©s ni par le froid, ni par la brume, les gars sont juste … sereins.
J’ai envie de leur demander « qu’est-ce que vous fabriquez lĂ ? » mais notre camion roule. Je me contenterai de la sĂ©rĂ©nitĂ© sur leur visage. Je suis Ă©mu. Dans des conditions de froid et d’humiditĂ© pareilles, quitter son chez-soi, venir s’asseoir dans l’eau, et attendre, simplement. Je suis Ă©poustouflĂ© mes amis. Comme si peut importe la mĂ©tĂ©o, leur mĂ©ditation aura lieu.

Dans un article prĂ©cĂ©dent, nous avons explorĂ© la notion de tapas: Garder le feu de la pratique allumĂ©, quelque soit les circonstances extĂ©rieures et les Ă©lans intĂ©rieurs. Maintenir le feu. Maintenir la discipline. D’une certaine façon, je crois que ces gaillards, ces pĂȘcheurs du dimanche, sont des grands pratiquants de Yoga.
